Windows se bat pour rester la plateforme de référence du jeu PC
Microsoft a clairement indiqué vouloir que Windows reste la plateforme principale pour les jeux PC, malgré la concurrence croissante de SteamOS de Valve et la frustration générale envers Windows. Dans une récente mise à jour, Microsoft a présenté ses actions pour les joueurs PC en 2025 et ses projets futurs.
Le travail se divise en trois grands domaines :
- Meilleure prise en charge des PC de jeu portables
- Améliorer la fluidité des jeux sur les ordinateurs portables Windows équipés de processeurs Arm
- Amélioration des performances graphiques grâce aux nouvelles fonctionnalités DirectX et d'IA
Sur le papier, la liste est impressionnante. La question est de savoir si ces améliorations suffiront à satisfaire les joueurs à l'heure où SteamOS et Linux apparaissent comme des alternatives plus rapides et plus performantes.
Ordinateurs de poche et lancements de jeux plus rapides
Les PC portables de jeu, comme la gamme Asus ROG Ally, représentent un segment très dynamique du marché informatique, et Microsoft ne souhaite manifestement pas les perdre au profit d'autres systèmes d'exploitation. Deux fonctionnalités clés de Windows ont été déployées sur ces appareils en 2025.
La première option est le mode plein écran (FSE). Ce mode est conçu pour que Windows offre une expérience plus proche de celle d'une console lorsque vous jouez sur un appareil portable. Il désactive les tâches en arrière-plan et les éléments superflus du système d'exploitation afin que :
- Les jeux bénéficient d'une fréquence d'images plus fluide.
- Les performances sont plus constantes.
- L'interface ressemble moins à celle d'un ordinateur de bureau et plus à celle d'un appareil de jeu dédié.
Si vous avez déjà subi une mise à jour en arrière-plan ou une application aléatoire accaparant du temps processeur en pleine partie, vous pouvez comprendre pourquoi cela a son importance sur les appareils portables à faible consommation.
La deuxième amélioration majeure est la technologie Advanced Shader Delivery (ASD). La compilation des shaders est l'une des principales causes des saccades et des temps de chargement interminables lors du premier lancement des nouveaux jeux. ASD résout ce problème en fournissant des shaders précompilés dès l'installation, évitant ainsi à votre PC de les compiler au premier démarrage.
Microsoft met déjà en avant des chiffres impressionnants. Dans Avowed, les temps de chargement au premier lancement auraient diminué de plus de 80 %, et dans Call of Duty Black Ops 7, de plus de 95 %. Des dizaines de jeux seraient désormais compatibles avec l'ASD, et Microsoft prévoit d'étendre ce service. Pour les joueurs, cela se traduit simplement par moins d'attente et moins de ralentissements lors de la première utilisation d'un jeu.
Ordinateurs portables ARM et assistance anti-triche
Le second front concerne Windows sur ARM. Les puces ARM de Qualcomm et d'autres fabricants se généralisent dans les ordinateurs portables fins et légers, notamment dans les nouveaux PC de la marque Copilot. Historiquement, cependant, jouer sur Windows ARM a été difficile en raison de problèmes de compatibilité et de performances.
Microsoft met en avant trois améliorations pour les joueurs utilisant des processeurs Arm.
La première nouveauté est le jeu en local via l'application Xbox pour PC. Certains appareils ARM peuvent désormais télécharger et exécuter directement les titres compatibles, sans dépendre uniquement du streaming cloud. Microsoft précise que cela concerne la majorité des jeux du Xbox Game Pass. Pour l'instant, cette fonctionnalité est réservée aux membres du programme Windows Insider, mais elle illustre bien l'évolution future.
Deuxièmement, la couche d'émulation Prism a été étendue. La plupart des jeux PC étant encore conçus pour les processeurs x86 d'Intel et d'AMD, les machines Arm dépendent fortement de l'émulation. Prism prend désormais en charge les jeux d'instructions AVX et AVX2, qui constituaient auparavant un manque important. Cela devrait permettre à davantage de jeux et d'applications de se lancer et de fonctionner, au lieu de simplement échouer en raison de fonctionnalités CPU manquantes.
Troisièmement, la prise en charge des systèmes anti-triche. Easy Anti Cheat est désormais compatible avec Windows sur ARM grâce à la collaboration entre Epic et Qualcomm. Microsoft indique que, de ce fait, de nombreux systèmes anti-triche et leurs jeux fonctionnent désormais correctement sur ARM, notamment Fortnite. Étant donné que les systèmes anti-triche sont souvent le seul obstacle au lancement d'un jeu sur une nouvelle plateforme, il s'agit d'une avancée majeure.
DirectX, rendu neuronal et super résolution automatique
La dernière catégorie concerne les technologies graphiques pures via DirectX. Microsoft a introduit de nouvelles fonctionnalités de ray tracing, telles que les micromaps d'opacité et le réordonnancement de l'exécution des shaders. Ces techniques visent à optimiser l'utilisation du matériel GPU et à réduire les ressources inutiles lors du ray tracing.
Microsoft affirme que ces avancées peuvent offrir des performances jusqu'à 2,3 fois supérieures dans certains cas. À mesure que davantage de jeux les adoptent, les joueurs disposant de GPU compatibles devraient bénéficier de fréquences d'images plus élevées ou pouvoir utiliser des paramètres de ray tracing améliorés sans perte de performances aussi importante.
Microsoft a également présenté ses projets de rendu neuronal, intégrant ainsi le rendu basé sur l'IA au pipeline graphique. Si les détails restent encore à préciser, l'objectif s'inscrit dans la même tendance que celle observée avec des technologies comme DLSS et FSR : utiliser l'apprentissage automatique pour obtenir des images de meilleure qualité à moindre coût pour le GPU.
Dans cette optique, Microsoft développe sa propre technologie d'upscaling par IA au niveau du système d'exploitation, appelée Auto Super Resolution ou Auto SR. Cette solution intégrée à Windows répond aux technologies DLSS de Nvidia et FSR d'AMD. Au lieu que chaque jeu doive intégrer la technologie d'un fournisseur spécifique, Auto SR est gérée directement par le système d'exploitation.
La technologie Auto SR a fait son apparition sur les PC Copilot Plus équipés de puces Snapdragon X Arm. Microsoft annonce une préversion publique début 2026 pour le ROG Ally X, qui utilise un NPU IA AMD Ryzen. Le plus intéressant sera de voir comment Auto SR se compare aux solutions déjà proposées par les grands fabricants de GPU et si les développeurs et les joueurs font confiance à un système d'upscaler géré par le système d'exploitation.
Windows peut-il empêcher les joueurs de changer de plateforme ?
Toutes ces fonctionnalités démontrent que Microsoft reste fortement investi dans le jeu sur PC. DirectX demeure la norme. Les optimisations spécifiques aux consoles portables, comme FSE et ASD, améliorent considérablement les performances des PC de jeu portables. La prise en charge des périphériques ARM progresse de manière concrète et mesurable.
Parallèlement, de réelles inquiétudes planent sur Windows. SteamOS, basé sur Linux, affiche de meilleures performances sur un nombre croissant de titres, et de nombreux joueurs sont lassés de ce qu'ils perçoivent comme une surcharge d'informations, des ventes additionnelles agressives, des mises à jour constantes et des fonctionnalités d'IA indésirables intégrées à Windows.
L'argument principal des critiques est que le problème des jeux sous Windows ne réside pas dans les technologies de jeu elles-mêmes, mais dans l'expérience utilisateur globale. Si le système d'exploitation paraît lourd, intrusif et lent, même une meilleure gestion des shaders et des techniques de ray tracing améliorées ne suffiront pas à regagner la confiance du public.
C'est pourquoi de nombreux joueurs PC suivent Valve de près. Si Valve propose une version de SteamOS entièrement prise en charge et compatible avec un large éventail de configurations (ordinateurs de bureau et portables), Windows pourrait bien se retrouver face à son premier véritable concurrent dans le domaine du jeu vidéo depuis des années. Même si la plupart des utilisateurs restent fidèles à Windows, une alternative crédible inciterait Microsoft à privilégier les performances, la finition et le contrôle utilisateur plutôt que la simple monétisation.
Pour l'instant, Windows reste la principale plateforme de jeu sur PC, et les mises à jour de 2025 constituent de réelles améliorations. La question de savoir si elles suffiront à empêcher davantage de joueurs de se tourner vers Linux et SteamOS sera le principal enjeu des prochaines années.
Article et image originaux : https://www.pcgamer.com/software/windows/microsoft-wants-to-make-windows-the-best-place-to-game-no-matter-where-you-play-but-linux-and-valves-steamos-have-other-ideas/
